Dans le panorama des conférences autours du web en Europe, hormis la messe donnée lors du LeWeb par Loïc et Géraldine, et qui en rassemblant l’Europe et les Etats-Unis permet de faire le bilan de ce que l’année suivante réserve à tous les professionnels qui intègrent Internet dans leur travail tandis que tous ceux qui fabriquent le Web sont dans les couloirs à en imaginer le futur.

Ils commencent à y avoir un très beau panel de conférence dédiées au web et principalement marquées prospectives, on retrouve ainsi The Next Web à Amsterdam, Plugg à Bruxelles, Reboot (qui n’a malheureusement pas eu lieu cette année), Shift à Lisbonne, et Lift à Genève qui vient de se dérouler du 4 au 7 mai au Centre International de Conférence de Genève (CICG).
Lift est probablement l’une des conférences les plus intéressantes avec Reboot de par la qualité de ses intervenants. Il y a un pré-event, des Workshops le matin et des sessions plénières à partir de 11h, probablement l’un des meilleurs format que je connaisse qui permette de partager son temps et de pouvoir vraiment planifier son agenda.
Mardi nous avons commencé par un pré-event Lift@Home organisé chez Label avec une présentation sur le thème de From Newton to iPad: how will we interact with information, lors de laquelle Arnaud Grobet nous a présenté sa vision sur l’évolution de nos interactions avec l’information compte tenu de l’évolution des médias et des technologies en passant du fameux Newton par Microsoft Surface et bien sûr l’iPad. Au moins, je sais pourquoi je veux un iPad maintenant, c’est le meilleur ami du conférencier avec un clavier Blutooth !

Le lendemain matin à 8h30 commençait la conférence avec une première session de Workshops où je ne me suis pas rendu, les sessions plénières ont commencé après le déjeuner et le message d’accueil de Laurent Haug. Par contre, j’ai pu revoir Anil de Mello qui revient vivre en Suisse et qui m’a montré son nouveau projet, il s’agit d’un terminal de type BlackBerry qui ne coûte que 200 € les 6 premiers mois puis passe sur un abonnement mensuel de 12 €/mois et qui vous donne accès à de la data en illimitée sur toute l’Europe, son offre s’adresse aux entreprises principalement, et bien sûr il va réaliser des microSIM, et là l’iPad prend toute sa dimension en déplacement !

Session 1 : The redefinition of privacy
What is privacy in the 21st century? Is personal security threatened by the massive collection of data?
Le premier intervenant Olivier Glassey de l’université de Lausanne, nous fait un exposé académique très intéressant de l’état de la vie privée sur Internet.
Il commence en se demandant si la nouvelle norme sociale de la vie privée ne serait pas la vie publique ?
Olivier Glassey pense que les réseaux sociaux et la vie privée sont 2 domaines bien différents, il faut prendre en compte les concept de « vie privée mutuelle » et les « identités sociales distribuée en ligne ». Il en est de même pour les fausses idées que l’on peut avoir concernant les Digital Natives et leur conception de la gestion de la vie privée, ils en ont bien plus conscience et sont bien plus aguerris que l’on ne le pense. « La notion de vie privée est quelque chose qu’ils ont à l’esprit même s’il n’ont pas forcément conscience de ce que ça implique ».
Comment pouvons-nous penser à cette évolution de la vie privée, sans tomber dans des visions apocalyptiques ?
Les réseaux sociaux sur Internet sont de véritables terrains de jeux et de recherche, nous devons garder à l’esprit que l’identité et la vie privée sont encore des laboratoires vivants. Ils ne sont pour le moment ni « sérieux » ni « stabilisés », les chercheurs ont trop souvent tendance à l’oublier. La question est de savoir comment traduire ces relations sociales en gestion des amitiés sur les réseau social?
Il y a une immense partie de notre identité qui ne nous appartient pas, celle détenue par les communautés et les groupes sociaux auxquels nous appartenons déjà. Sa transcription sur le Web se retrouve dans des sites comme Beautiful People qui vient de fermer les comptes de 5000 personnes qui s’étaient laissés aller durant la saison des confiseurs, ou encore A Small World qui lors de son lancement n’acceptait que les gens de la jet-set. Les profils sont sensés être proches de la vrai personnalité, pas une idéalisation de soi.
Il faut également prendre en compte que tout le monde n’a pas la même définition de ce qui est intime ou pas, bien sûr il y a une norme sociale mais elle n’est pas uniformément répartie.
C’est le contexte sociale qui définit la confidentialité des données.
Dans notre vie quotidienne, nous changeons souvent de comportement en fonction des gens avec lesquels nous interagissons, ce devrait être de même avec le contrôle de notre vie privée en ligne. La flexibilité des comportements sociaux et les réglages des paramètres concernant la vie privée ne devraient pas être une source de conflits (tout l’inverse de ce que fait Facebook, mois après mois). Notre manière naturelle de faire les choses est de partager différents types d’information avec différentes personnes, et de mentir (à des degrés divers) si nécessaire. Construire une éthique personnelle cohérente lorsque l’on modifie les règles sans préavis et que divers publics se mélangent subitement, est très difficile.
Antoinette Roux a dit « la vie privée n’est pas un droit fondamental parmi d’autres, c’est LA condition requise pour pouvoir exercer d’autres droits fondamentaux et libertés. »

Ensuite est passé sur scène Christian Heller sur le thème de Post-Privacy, et qui pense que la notion de vie privée est morte… ça me rappelle les déclarations de Mark Zuckerberg ou celles de Mike Arrington et je commence à bouillir lorsqu’il enchaine en disant que la « vie privée = liberté », ce avec quoi je suis d’accord… mais pas Christian Heller qui nous dit que c’est faux puisque cela n’existait pas au Moyen-Âge que ce soit pour le paysan ou pour le Roi, que cette notion n’est apparue qu’à la Renaissance avec des lieux dédiés aux différentes personnes, hommes, femmes, enfants, personnels… et il fait un raccourci osé en affirmant que les lieux privés correspondent aux femmes versus les lieux publiques pour les hommes, en disant que cela à contribué à l’émancipation des femmes… Privacy = Isolation.
Sa logique : « Se débarrasser de la vie privée, car c’est ce dont nous avons honte, tel que l’homosexualité et que cela va créer de la tolérance »
Selon lui la vie privée est associée aux droits d’absorption, d’être laissé seul, d’autodétermination… un lieu où je fais ce que je veux sans craindre l’opprobre. Et là ça part en vrille… car ne plus avoir de vie privée, c’est divulguer des informations et l’information c’est le pouvoir, donc les informations sur moi peuvent permettre de prendre le pouvoir sur moi, donc si l’on veut bien les contrôler il va falloir ajouter des DRM à chaque bribe d’information que nous diffusons… Et là il m’a perdu…
Les solutions ??? trouver des voies où l’ouverture est le pouvoir… exemple : la Gay Pride, l’ouverture qui force la société à changer ses valeurs… « Je ne me conforme pas à une société, je choisi une société qui m’est conforme »… c’est ce qui mène à la ghettoïsation, le communautarisme, à mon opinion….
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