Dans la série des métiers qui servent à rien…

Arrive en première place loin devant n’importe quel autre métier celui des membres de la commission de terminologie du Ministère des Finances qui lutte contre les anglicismes…

pardon my frenchSérieusement, cette volonté de vouloir franciser tout mot n’existant pas dans notre vocabulaire afin de tenter de préserver la « splendeur » de la langue française me semble d’une bêtise profonde… Merci Toubon.

Ainsi dans les derniers mots francisés on apprend qu’un brunch devient une déjeunette, le living food devient la crusine (oui vous avez bien lu)…

Mais comme le dit François Lenglet dans son article dans La Tribune à ce sujet:

Les emprunts de mots à l’étranger ont toujours été très fréquents. La plupart du temps, la francisation s’opère toute seule, par le simple jeu de la déformation progressive du terme originel. L’arabe nous a ainsi fourni un contingent considérable de mots nouveaux, soit presque littéralement (le bled, village isolé, ou le vizir), soit avec des transformations importantes (une avanie, offense publique), soit encore via la langue espagnole, qui a été mâtinée d’arabe à cause de la longue période d’occupation que la péninsule Ibérique a connue (…) Même les langues de pays lointains offrent leurs opportunités. Notre « tchin-tchin ! » destiné à souhaiter une bonne santé lors de l’apéritif provient du « jinjin » chinois, qui a le même sens. « Avatar », remis au goût du jour par le film de James Cameron, provient du sanscrit « descente », qui désignait les métamorphoses de la divinité Vishnu. Si nous importons, nous exportons également, y compris outre-Manche, même si le flux s’est considérablement ralenti dans les siècles récents. Notre « déjà vu » et notre « à la mode » poursuivent ainsi une carrière fort honorable dans la langue de Shakespeare. Il n’est pas sûr que « déjeunette » soit aussi résistant.

Et si les anglais devaient faire la même chose, ce serait environ 30 000 mots soit 1/3 de la langue de Shakespeare qui devrait être réadapté… De tout temps, les langues se sont construites en important des mots définissant des objets/actions/etc… qui n’existaient pas dans notre langue, seul le temps et la déformation orale du mot en ont fait un mot purement français. Mais au lieu de ça des fonctionnaires sont payés pour nous dire comment parler français… lamentable. Et si l’on devait sous pretexte de préservation de la langue française traduire toute la musique que nous écoutons dans la langue de Molière ? Pas sûr que les tubes le soient toujours comme le démontre si bien Pardon My French

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  • Khaled

    Super article Charles.

    Je crois que les organisations de ce genre ne comprennent pas du tout l'evolution des langues, et encore moins l'evolution des etres humains et leur tendance a absorber toutes sortes d'influences, qu'elles soient liees aux coutumes, la dance, la musique, la cuisine, l'art, etc.

    Ils ignorent donc cette tendance naturelle a adopter ces influences, dont l'absorption de mots etrangers dans chaque langue est simplement un detail.

    S'ils avaient vraiment le pouvoir, ces genres de 'commisions' appliqueraient des regles a tout! Imaginons un monde ou il est interdit que le jazz evolue du 'Negro Spiritual', ou Braques et Picasso ne peuvent pas inventer le cubisme — ridicule!

    Peut-etre ces comparaisons semblent ténues, surtout de leur point de vue. J'imagine qu'ils pensent que la langue est un monument historique qu'il faut conserver a tout prix, et d'en faire un metier un plus! :-)

  • http://myid.is Charles Nouÿrit

    Merci Khaled, totalement d'accord avec toi